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n° 499
mai 2009
KS
Bien que moins importante qu’au niveau sanguin, des
réactions tampons se produisent aussi au niveau des cel-
lules musculaires. A ce niveau, les protons sont fixés par
des protéines et de la phosphocréatine (PC + H+➞Pi +
créatine) pour près de 60 % d’entre eux, selon J.
Poortmans et N. Boisseau [10].
Impact du régime alimentaire
sur le pH sanguin
Il ne faut pas confondre la saveur acide d’un aliment et
son pouvoir acidifiant sur l’organisme. En effet, l’acidité
d’un aliment est simplement le pH de celui-ci avant sa
consommation. De nombreux fruits, au premier rang des-
quels les agrumes, ont un pH acide. Et pourtant, ces der-
niers auront un effet alcalinisant sur l’organisme (tab. 1).
Plusieurs mécanismes expliquent l’effet acido-basique
d’un aliment. Le plus évident est la libération d’acides
contenus dans les cellules du produit ingéré : acide ben-
zoïque, oxalique... Cependant, ils sont présents en quan-
tités très faibles et n’ont qu’une action faible sur le pH de
l’organisme. À l’inverse, des quantités faibles de bicarbo-
nates sont ingérées et ont une action alcalinisante.
Le contenu en macronutriments et minéraux est, par
contre, déterminant. Durant sa dégradation la cellule
libère des minéraux qui ont un impact sur le pH sanguin.
Les cations potassium (K), sodium (Na), calcium (Ca) et
magnésium (Mg) favoriseraient l’alcalinisation en formant
des sels participant à l’évacuation du CO2. Par contre, les
anions chlore (Cl), phosphore (P) et souffre (S) seraient
plutôt acidifiants (à l’origine des acides chlorhydriques,
phosphoriques et sulfuriques).
Le mode d’action des macronutriments (lipides, protides,
glucides) est plus trouble, mais on a constaté en pratique
une alcalinisation très nette avec un apport important en
glucides lents [11].
Les acides aminés, quant à eux, peuvent participer à l’éli-
mination de l’acidité (au niveau des reins particulière-
ment). Cependant, certains d’entre eux contiennent du
souffre (méthionine, cystéine) et peuvent libérer des sul-
fates acidifiants. Les aliments riches en protéines sont
donc considérés plutôt comme acidifiants.
Ainsi, sans aucun rapport avec le pH initial des aliments,
ceux-ci peuvent se classer en différentes catégories en
fonction de leur effet sur l’organisme (tab. 2).
De manière schématique, les aliments d’origine animale ou
les aliments très raffinés sont acidifiants (viandes, graisses,
sucreries), tandis que les aliments d’origine végétale
(fruits et légumes principalement) sont alcalinisants.
À noter toutefois que les mesures du Dr Creff [12] ont été
effectuées sur le pH urinaire, et non directement sur le pH
sanguin. On peut cependant penser qu’il en est son reflet.
Alimentation, pH et tendinopathies,
données personnelles
Sujets et méthodes
Dix-neuf sportifs pratiquant l’athlétisme ont bien voulu se
soumettre à un questionnaire afin d’évaluer leur alimen-
tation et son pH. Ont volontairement été exclus du groupe
étudié :
– les athlètes d’endurance (demi-fond, course sur route),
chez qui le kilométrage à l’entraînement est important,
et chez qui les tendinopathies sont d’abord dues aux
chocs répétés ;
▲ Tab. 1 - pH de différents produits alimentaires
Exemples d’aliments pH Exemples d’aliments pH
Lait de vache 6,4 à 6,8 Fromage 5,5 à 7
Tomate 4,3 à 4, 9 Maquereau 6 à 6,5
Carotte 5,6 à 6,1 Riz 6 à 6,7
Épinard 5,5 à 6,8 Céréales complètes 5,6 à 6,2
Abricot 3,3 à 4,8 Jambon 5,9 à 6,1
Raisins secs 3,8 à 4,1 Œuf 6,5
Pomme de terre 5,4 à 5,9 Beurre 6,1 à 6,4
Banane 4,5 à 5,3 Porc 5,3 à 6,9
Orange 3,6 à 4,3 Biscuits 7 à 8,5
▲ Tab. 2 - Effet acidifiant ou alcalinisant de certains produits alimentaires
sur l’organisme, d’après Creff et Bérard [12]
ACIDIFIANT ACIDIFIANT ALCALINISANT ALCALINISANT
FORT FAIBLE FAIBLE FORT
Jambon Viande grasse Pomme de terre Lait
Œuf Porc Chou Tomate
Beurre Foie Asperge Orange
Chocolat Volaille Haricot Épinard
Biscuits Poisson Pomme Abricot
Fromage Poire Carotte
Céréales (riz, etc.) Banane Raisins secs
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