ALIMENTATION ACIDE ET TENDINITES... VERS LA FIN D'UN MYTHE ? PDF Free Download

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ALIMENTATION ACIDE ET TENDINITES...
VERS LA FIN D’UN MYTHE ?
Jérémy ROLLIN1
13
n° 499
mai 2009
KS
L
ES tendinites sont des pathologies très fré-
quentes chez les sportifs mais aussi chez
les travailleurs ayant une activité répétitive.
Dans leur traitement, on trouve des techniques
masso-kinésithérapiques traditionnelles (éti-
rements, renforcements, etc.), mais aussi
d’autres un peu en dehors de nos compéten-
ces habituelles.
Ainsi, les conseils diététiques sont des armes
parfois utilisées par les masseurs-kinésithéra-
peutes pour améliorer leur prise en charge.
Pour le bien du patient, il est nécessaire de le
faire en connaissance de cause.
PHYSIOPATHOLOGIE
DE LA TENDINITE
Le tendon est l’élément intermédiaire entre le
muscle et l’os. Il a pour fonction d’assurer la
transmission des forces exercées par le mus-
cle, de supporter les contraintes en travail
excentrique et, dans certains cas, de stabiliser
les articulations [1].
Le terme tendinite suppose une inflammation
des tendons qui est en réalité assez rare. Il s’a-
git plus globalement de lésions microtrauma-
tiques, regroupées sous l’appellation plus
adéquate de tendinopathies.
Elles surviennent lors d’activités profession-
nelles, de loisirs ou sportives quand les articu-
lations sont sollicitées de manière répétée.
Elles se manifestent cliniquement par un syn-
drome douloureux lors de l’activité qui s’ag-
grave et peut devenir insupportable au fur et à
mesure [2].
Ces tendinopathies supposent un facteur méca-
nique, l’activité sportive répétée, et un facteur
dégénératif lié au sujet [3] (quand cette dégéné-
rescence est prépondérante, on peut alors
retrouver le terme spécifique de tendinoses [4]).
Parmi les facteurs répertoriés de tendinopa-
thies, on trouve l’âge, la morphostatique du
patient, la force et l’extensibilité des tendons,
l’entraînement et ses variations de durées et
d’intensités, le matériel, le terrain, la qualité
du geste technique et les facteurs métabo-
liques. Ces derniers peuvent être l’absorption
d’androgènes qui augmentent la masse mus-
culaire sans modifier le volume des tendons,
de cortico-stéroïdes qui entraînent une baisse
du contenu des tissus en collagène, la déshy-
dratation ou l’hyperuricémie [3] (fig. 1).
1Kinésithérapeute - Diététicien
Entraîneur au Montpellier Athlétisme
Montpellier (34)
MOTS CLÉS
Acidité - Alimentation - Athlètes - Tendinites - Tendinopathies
KEYWORDS
Acidity - Alimentation - Athletes - Tendinitis - Tendinopathy
La nutrition a un impact
important sur l’organisme,
mais de mauvais conseils
n’apportent rien aux patients
et ne peuvent que les induire
en erreur
RÉSUMÉ
Dans le cadre du traitement des tendinites, il arrive
de proposer des conseils diététiques pour limiter
l’acidité de l’alimentation.
La définition d’une alimentation acide sera éclair-
cie afin d’éviter les contrevérités. Quant à son
impact sur la prévalence des tendinites, il sera étu-
dié sur un groupe d’athlètes.
SUMMARY
In the treatment of tendinitis, it happens to pro-
pose dietary councils to limit the food’s acidity.
The definition of an acid food will be cleared up to
avoid the untruths. In order to test the impact on
prevalence of tendinitis, it will be studied on a
group of athletes.
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TRAITEMENT
MASSO-KINÉSITHÉRAPIQUE
Sans rentrer dans des descriptions fastidieuses, on trouve :
– la mise au repos ;
– l’immobilisation (bien que parfois nocive) ;
– les AINS par voie générale ;
– les infiltrations locales de corticoïdes ;
– la mésothérapie ;
les agents physiques (froid, chaud, ultrasons, courants
de basse et moyenne fréquences, ondes radars ou cen-
timétriques...) ;
– les massages transverses profonds ;
– les ondes de choc [5] ;
– les étirements musculo-tendineux ;
– le renforcement musculaire statique ou excentrique ;
– le traitement chirurgical [6] ;
les conseils alimentaires, comme l’hydratation, la sup-
pression des viandes rouges ou l’adoption d’une ali-
mentation moins acide.
Ces conseils, jugés discutables par J.-F. Kouvalchouk [7],
ne doivent pas faire oublier que l’impact diététique est, au
mieux, secondaire. Il ne peut en aucun cas être tenu pour
seul responsable de la tendinopathie du patient. Si une
meilleure hydratation semble être une mesure hygiéno-
diététique faisant consensus [8], l’adoption d’une alimen-
tation moins acide est une mesure empirique qui doit être
étudiée plus en détails.
ACIDE-BASE
Mécanismes de régulation
Lorsqu’on parle d’acidité de l’organisme, il convient de
bien préciser le compartiment en question. Pour exemple,
si le pH sanguin est habituellement compris entre 7,32 et
7,42, le pH de l’estomac se situe autour de 2.
On parle d’acidose lactique lorsque le taux plasmatique
de lactates devient supérieur à 7 mmol.l-1 et le pH artériel
inférieur à 7,25 [9].
Les gaz contenus dans le sang (O2, CO2) ont un impact
important sur son équilibre acido-basique. Pour assurer
les processus d’oxydo-réduction cellulaires et maintenir
le pH sanguin, l’organisme doit apporter suffisamment
d’O2aux tissus et éliminer le CO2généré par le catabo-
lisme des substrats énergétiques.
En effet, l’activité physique provoque la libération d’ions
H+quand l’apport en O2est insuffisant. Le pyruvate, mais
surtout l’acide lactique libèrent en anaérobiose un ion H+
(CH3-CHOH-COOH CH3-CHOH-COO-+ H+). Heureuse -
ment, l’organisme produit l’ion bicarbonate HCO3-qui est
fortement concentré dans les milieux intra et extracellu-
laires (25 mmol.l-1). À ces concentrations, il se combine à
l’ion H+pour donner H++ HCO3-H2CO3, l’acide carbo-
nique qui se dissocie en H2O + CO2éliminés par la respi-
ration, évitant l’accumulation des H+. En cas de non-élimi-
nation du CO2cette réaction s’inverse et les ions H+
s’accumulent diminuant le pH sanguin. Ce dernier dépend
donc d’une composante métabolique (HCO3-à 25mmol.l-
1) et d’une composante respiratoire (PaCO2à 40 mmHg).
Au niveau du rein, il faut souligner qu’une autre réaction
permet une élimination d’ions H+. La désamination de cer-
tains acides aminés (perte de leur radical azoté) libère de
l’ammoniaque NH3qui se combine à un ion H+pour être
éliminé sous la forme d’ion ammonium NH4+. Ainsi les aci-
des aminés (issus des protéines) participent à la neutrali-
sation de l’acidité organique tandis qu’on constate paral-
lèlement une diminution du pH urinaire (par l’ion NH4+).
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© http://webapps.fundp.ac.be/umdb/histohuma/ (image tirée le 10/3/09)
Fig. 1 - Coupe histologique d’un tendon
En 1, le collagène très dense et en faisceaux parallèles
En 2, les fibroblastes
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Bien que moins importante qu’au niveau sanguin, des
réactions tampons se produisent aussi au niveau des cel-
lules musculaires. A ce niveau, les protons sont fixés par
des protéines et de la phosphocréatine (PC + H+Pi +
créatine) pour près de 60 % d’entre eux, selon J.
Poortmans et N. Boisseau [10].
Impact du régime alimentaire
sur le pH sanguin
Il ne faut pas confondre la saveur acide d’un aliment et
son pouvoir acidifiant sur l’organisme. En effet, l’acidité
d’un aliment est simplement le pH de celui-ci avant sa
consommation. De nombreux fruits, au premier rang des-
quels les agrumes, ont un pH acide. Et pourtant, ces der-
niers auront un effet alcalinisant sur l’organisme (tab. 1).
Plusieurs mécanismes expliquent l’effet acido-basique
d’un aliment. Le plus évident est la libération d’acides
contenus dans les cellules du produit ingéré : acide ben-
zoïque, oxalique... Cependant, ils sont présents en quan-
tités très faibles et n’ont qu’une action faible sur le pH de
l’organisme. À l’inverse, des quantités faibles de bicarbo-
nates sont ingérées et ont une action alcalinisante.
Le contenu en macronutriments et minéraux est, par
contre, déterminant. Durant sa dégradation la cellule
libère des minéraux qui ont un impact sur le pH sanguin.
Les cations potassium (K), sodium (Na), calcium (Ca) et
magnésium (Mg) favoriseraient l’alcalinisation en formant
des sels participant à l’évacuation du CO2. Par contre, les
anions chlore (Cl), phosphore (P) et souffre (S) seraient
plutôt acidifiants (à l’origine des acides chlorhydriques,
phosphoriques et sulfuriques).
Le mode d’action des macronutriments (lipides, protides,
glucides) est plus trouble, mais on a constaté en pratique
une alcalinisation très nette avec un apport important en
glucides lents [11].
Les acides aminés, quant à eux, peuvent participer à l’éli-
mination de l’acidité (au niveau des reins particulière-
ment). Cependant, certains d’entre eux contiennent du
souffre (méthionine, cystéine) et peuvent libérer des sul-
fates acidifiants. Les aliments riches en protéines sont
donc considérés plutôt comme acidifiants.
Ainsi, sans aucun rapport avec le pH initial des aliments,
ceux-ci peuvent se classer en différentes catégories en
fonction de leur effet sur l’organisme (tab. 2).
De manière schématique, les aliments d’origine animale ou
les aliments très raffinés sont acidifiants (viandes, graisses,
sucreries), tandis que les aliments d’origine végétale
(fruits et légumes principalement) sont alcalinisants.
À noter toutefois que les mesures du Dr Creff [12] ont été
effectuées sur le pH urinaire, et non directement sur le pH
sanguin. On peut cependant penser qu’il en est son reflet.
Alimentation, pH et tendinopathies,
données personnelles
Sujets et méthodes
Dix-neuf sportifs pratiquant l’athlétisme ont bien voulu se
soumettre à un questionnaire afin d’évaluer leur alimen-
tation et son pH. Ont volontairement été exclus du groupe
étudié :
les athlètes d’endurance (demi-fond, course sur route),
chez qui le kilométrage à l’entraînement est important,
et chez qui les tendinopathies sont d’abord dues aux
chocs répétés ;
Tab. 1 - pH de différents produits alimentaires
Exemples d’aliments pH Exemples d’aliments pH
Lait de vache 6,4 à 6,8 Fromage 5,5 à 7
Tomate 4,3 à 4, 9 Maquereau 6 à 6,5
Carotte 5,6 à 6,1 Riz 6 à 6,7
Épinard 5,5 à 6,8 Céréales complètes 5,6 à 6,2
Abricot 3,3 à 4,8 Jambon 5,9 à 6,1
Raisins secs 3,8 à 4,1 Œuf 6,5
Pomme de terre 5,4 à 5,9 Beurre 6,1 à 6,4
Banane 4,5 à 5,3 Porc 5,3 à 6,9
Orange 3,6 à 4,3 Biscuits 7 à 8,5
Tab. 2 - Effet acidifiant ou alcalinisant de certains produits alimentaires
sur l’organisme, d’après Creff et Bérard [12]
ACIDIFIANT ACIDIFIANT ALCALINISANT ALCALINISANT
FORT FAIBLE FAIBLE FORT
Jambon Viande grasse Pomme de terre Lait
Œuf Porc Chou Tomate
Beurre Foie Asperge Orange
Chocolat Volaille Haricot Épinard
Biscuits Poisson Pomme Abricot
Fromage Poire Carotte
Céréales (riz, etc.) Banane Raisins secs
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les athlètes de haut niveau pour une raison similaire :
une sursollicitation pouvant expliquer en grande partie
les tendinopathies ;
les athlètes de la section handisport, beaucoup plus sujets
aux tendinopathies du fait des adaptations à leur handicap
et leur matériel pour leur pratique sportive (fig. 2) ;
les athlètes âgés, pour éviter de prendre en compte les
tendinopathies dues à une dégénérescence liée à l’âge.
Ne restait donc que des athlètes jeunes d’âge moyen (±
écart type) de 20 ans (± 2,7) (minimum 15 ans, maximum
25 ans), pratiquant une discipline athlétique à compo-
sante vitesse (sprint, haies, sauts), avec un entraînement
modéré (en moyenne 3 entraînements par semaine). Chez
cette population, à priori ayant peu de facteurs de
risques, on retrouve 8 sportifs (42 %) ayant eu une ou plu-
sieurs tendinopathies au cours de l’année écoulée. 11
sportifs ont été épargnés par celles-ci (58 %).
Leur consommation alimentaire a été évaluée par la
méthode du rappel des 24 heures.
Les consommations acido-basiques ont été évaluées par
l’indice PRAL (Potential renal acid load) du Dr Remer [13].
Cet indice additionne l’apport d’éléments acides (chlore,
phosphore, souffre) et soustrait les éléments basiques
(sodium, potassium, calcium, magnésium) en tenant
compte du coefficient d’absorption intestinal. Cela reste
un indice très théorique, mais il est jusqu’à présent le seul
à réellement quantifier l’apport supposé d’acidité de
chaque aliment. Si le nombre obtenu en additionnant les
indices PRAL de chaque aliment est positif, l’alimentation
est acide, s’il est négatif, l’alimentation est basique. Une
alimentation équilibrée est comprise entre - 2 et + 2.
Résultats
L’indice PRAL moyen (± écart type) des sportifs atteints
par des tendinopathies est de + 13,1 (± 2,3) ; il s’agit donc
d’une alimentation acide.
L’indice PRAL moyen des sportifs épargnés par les tendi-
nopathies est de + 9,4 (± 16,6), donc plus faible mais avec
un écart type beaucoup plus important.
On s’aperçoit donc que les indices PRAL sont tous positifs,
marquant des alimentations trop souvent acides. La diffé-
rence entre les deux indices est assez faible, surtout au vu
de la petite taille de l’échantillon étudié. Ainsi, en utilisant
la loi statistique de Student et en faisant un rapport des
variances des deux moyennes, on s’aperçoit qu’avec un
risque d’erreur de 5 % on ne peut pas conclure à une dif-
férence significative entre les deux groupes (t calculé =
0,62, t théorique = 2,11 à p 0,05. Hypothèse nulle accep-
tée, on n’apporte pas la preuve d’un comportement diffé-
rent entre les deux échantillons indépendants).
Ainsi, l’acidité des régimes alimentaires d’athlètes jeunes
pratiquant un sport de vitesse n’est pas significativement
différente entre les deux échantillons (avec et sans tendi-
nopathies). On peut donc penser que l’acidité liée à l’ali-
mentation n’est pas un facteur favorisant les tendino-
pathies.
Hypothèses sur l’impact
de l’acidité alimentaire
On sait que l’alimentation a un impact sur le pH sanguin.
Cela a une répercussion sur les muscles qui sont très vas-
cularisés. Ainsi, par exemple, un des seuls prodromes de
l’acidose lactique du diabétique est la crampe musculaire.
Pour les tendons les choses sont moins claires mais cer-
tains auteurs accordent à l’acidité un pouvoir destructeur
sur ces derniers. Ainsi, le Dr Cuculi de Clery [14] parlait en
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© J.-B. Souche
Fig. 2 - Les athlètes handisports sont très sujets aux tendinopathies
(ici, Jean-Baptiste Alaize, Champion du monde jeune de saut en longueur 2008)
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1989 de l’activité physique comme “responsable d’une
onde acidifiante sanguine par production de déchets aci-
des (acide lactique, urique) qui peut modifier la structure
intime des tendons”.
Il est cependant permis de douter de cette vision des cho-
ses. En effet le tissu tendineux est pauvre en cellules avec
des apports en O2et nutriments relativement faibles, ce
qui explique sa vascularisation limitée [15] (fig. 3). On
peut donc penser qu’étant peu vascularisé le tendon soit
peu sensible aux variations de pH.
En tout cas, chez un sujet présentant des tendinopathies
isolées, il est fort improbable de pouvoir incriminer l’aci-
dité sanguine. Seul le sujet présentant un tableau plus
général d’acidose, avec la présence de crampes musculai-
res récurrentes, peut nous orienter vers ce diagnostic.
Dans ce cas là, il pourra être intéressant de lui parler du
régime alcalinisant et de l’orienter vers un diététicien.
Un autre déséquilibre qui est incriminé dans la genèse des
tendinites est le dépôt d’acide urique dans les tendons. Il
cristalliserait et de façon analogue à la goutte créerait une
inflammation douloureuse. Ce dépôt a longtemps été
attribué à un pH sanguin trop acide. En réalité, les tendi-
nopathies causées par l’acide urique sont rares. En cas de
doute, le médecin peut demander un dosage de l’uricé-
mie. Produit du catabolisme des protéines, il est normal
d’avoir des valeurs élevées chez des sportifs réguliers. La
meilleure attitude en cas d’hyperuricémie sera donc non
pas de diminuer leur production en diminuant l’apport
protéique (diminuer la viande rouge), mais plutôt d’aug-
menter leur élimination en augmentant l’apport en eau.
Cela permet de diminuer les concentrations en acide
urique sans pénaliser le sportif (fig. 4).
En réalité, les causes de tendinopathies les plus fréquen-
tent restent les facteurs mécaniques. Dans mon groupe de
sprinter-hurdlers ce sont les tendons de l’appareil exten-
seur qui sont soumis à rude épreuve : tendon d’Achille et
tendon rotulien. Ils seront sollicités par le travail de mus-
culation, en particulier pliométrique (fig. 5).
Ils seront sollicités durant les efforts longs de types aéro-
bies, où les chocs seront répétés même s’ils ne sont pas à
intensité maximum (plus de 1 000 impacts au sol sur une
séance de 10*200 m, sans compter l’échauffement).
Ils seront sollicités sur le travail de vitesse, en pointes (fig.
6), où la force appliquée au sol est très élevée et où l’in-
tension de l’athlète est de rester indéformable.
© www.chirurgie-du-pied.fr
Fig. 3 - Tendons des fibulaires
On voit bien la faible vascularisation de ces structures
© J. Rollin
Fig. 5 - Les exercices de pliométrie sont parfois très intensifs en athlétisme
© J. Rollin
Fig. 4 - Hydratation et amélioration du retour veineux,
deux procédés utilisés par les athlètes pour accélérer
l’élimination de l’acidité produite à l’effort
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Enfin, ils seront sollicités durant le travail technique de
franchissement de haies, par l’alternance de réceptions-
impulsions accentuées par l’obstacle (fig. 7).
C’est sur cette atteinte mécanique qu’agissent les proto-
coles de renforcement excentriques [16, 17], de massages
transverses profonds [18, 19], d’ondes de chocs [5], sans
oublier le principal traitement : le repos [20]. Ce repos
peut être total ou partiel si le masseur-kinésithérapeute
arrive à déterminer l’activité ou le mouvement à l’origine
de la surcharge mécanique du tendon.
CONSEILS ALIMENTAIRES
Il n’y a pas à l’heure actuelle de preuves scientifiques du
rôle d’une alimentation acide dans la genèse des tendino-
pathies. On peut donc considérer que ce n’est pas les
conseils alimentaires qui permettront la guérison des ten-
dinopathies tenaces.
Néanmoins, au-delà de son rôle dans le traitement d’un
tissu ou d’un membre, il faut garder à l’esprit que le mas-
seur-kinésithérapeute soigne un individu dans sa globa-
lité. Or un régime trop acide est néfaste pour la santé et il
nuit à la performance physique car les réactions enzyma-
tiques de l’organisme sont ralenties par un pH trop faible.
De plus, ce régime acide est souvent indicateur de déséqui-
libres nutritionnels. Il signe en effet une trop grande
consommation de viandes et de graisses, alors que l’ali-
mentation occidentale est déjà trop riche en protéines (sur-
tout animales) et lipides. Il est donc intéressant de ramener
le patient vers une alimentation plus alcalinisante. Elle sera
par conséquent plus riche en fruits et légumes, ce qui
rééquilibrera l’apport énergétique en faveur des glucides
(60 % de l’apport énergétique total chez les sportifs).
Le masseur-kinésithérapeute n’a pas compétence pour éta-
blir des régimes alimentaires, néanmoins il peut donner
des conseils et proposer des aliments à favoriser (fruits et
légumes) et d’autres à consommer avec modération (grais-
ses, produits animaux, sucreries et biscuiteries).
À noter aussi que des eaux riches en bicarbonates (Vichy,
St-Yorre...) participent à l’alcalinisation de l’organisme
[21, 22] et permettent en même temps une meilleure
hydratation, seule véritable moyen de prévention diété-
tique des tendinopathies.
Enfin, si le patient souhaite aller plus loin dans sa prise en
charge alimentaire, le masseur-kinésithérapeute doit
savoir aiguiller son patient vers un diététicien. Seul celui-
ci est apte à dresser un bilan nutritionnel et à établir un
régime adéquat.
CONCLUSION
Le traitement des tendinopathies est un domaine en
pleine innovation. Certaines pratiques empiriques sont
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© J. Rollin
Fig. 6 - Les chaussures de sprint présentent des pointes sur l’avant-pied (partie
qui est en contact avec le sol durant la course) pour aider à la propulsion
Ces chaussures sollicitent fortement le tendon d’Achille
© J. Rollin
Fig. 7 - La réception derrière la haie sollicite l’appareil extenseur
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inefficaces et il est nécessaire d’en prendre conscience
pour les exclure de notre arsenal thérapeutique. D’autres
apparaissent (les ondes de chocs en sont une illustration
récente) ; il sera nécessaire de les valider.
La nutrition a un impact important sur l’organisme, mais
de mauvais conseils n’apportent rien aux patients et ne
peuvent que les induire en erreur. Le masseur-kinésithéra-
peute doit être une source d’informations certifiées s’il
veut rester crédible dans le système de soin. Il est donc
indispensable qu’il soit cohérent avec la politique de
Santé Publique qui tente de pousser la population fran-
çaise à consommer davantage de fruits et de légumes (...
alcalinisants !).
Bibliographie
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QUIZ
1. Les tendons sont très vascularisés.
A- Vrai
B- Faux
2. Les aliments sont considérés comme acidifiants en fonc-
tion :
A- de leur couleur
B- de leur pH
C- de leur composition en minéraux
3. Les tomates ont un impact acidifiant sur l’organisme.
A- Vrai
B- Faux
4. Les causes les plus fréquentes de tendinopathies sont :
A- une dégénérescence liée à l’âge
B- l’alimentation acide
C- la température extérieure
D- les facteurs mécaniques
5. L’hydratation est un facteur de prévention des tendinopa-
thies.
A- Vrai
B- Faux
Réponses page 65
Rollin:Algoet 2/3 14/04/09 9:39 Page 19