
13
quelqu’un comme Elie (cf. Mal. 3, 23) ou comme un nouveau Moïse. Au temps de Jésus,
dans le peuple juif apparaît la grande attente d’un nouveau messie qui soit un prophète,
un prophète comme Moïse qui rétablirait la Loi de Dieu et établirait l’alliance définitive.
Le NT reconnaît Jésus non seulement comme un des prophètes du style de ceux
de l’AT, mais comme l’Oint en qui Dieu accomplit toutes les prophéties (cf. Lc. 9, 8. 24, 44-
45).C’est dans ce sens que Benoît XVI souligne que Matthieu nous présente Jésus
comme le nouveau Moïse, dans le sens profond que nous avons vu précédemment : la
promesse d’un prophète relatée par le Deutéronome7.
1.3.2. Le Messianisme royal8
Dans l’AT, l’espérance du salut est étroitement liée à la descendance du roi David.
Cette espérance s’enracine dans la promesse de Dieu à David, annoncée par le prophète
Nathan : Ta maison et ta royauté subsisteront toujours devant moi, ton trône sera stable
pour toujours (2 Sam. 7, 16).
Jérémie, lors des années qui précèdent la destruction de Jérusalem, annonce des
temps nouveaux où Dieu suscitera pour David un Germe juste : il régnera en vrai roi, il
agira avec intelligence, il exercera dans le pays le droit et la justice (Jr. 23, 5). Ezéchiel,
prophète de l’exil, ne renonce pas à attendre un nouveau David (Ez. 37, 24 sqq ; 34, 23 ;
17, 22-24). Après l’exil, l’espérance du règne du Messie est comprise et annoncée comme
un évènement eschatologique et universel qui est imminent.
Dans le NT, lors de l’Annonciation, l’Ange présente Jésus sous les traits d’un
personnage royal qui renvoie à l’espérance du Messie-Roi de l’AT : Il sera grand, il sera
appelé Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père : il
régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n’aura pas de fin. (Lc. 1, 32-
33). La promesse de Zacharie 9, 9 est utilisée par Marc (11, 1-11) et citée littéralement par
Matthieu et Jean pour faire comprendre les évènements du jour des rameaux : Dites à la
fille de Sion : Voici ton roi qui vient vers toi, plein de douceur, monté sur une ânesse et un
petit âne, le petit d’une bête de somme (Mt. 21, 5 ; cf. Jn. 12, 15)9.
1.3.3. Le Messianisme Sacerdotal10
On trouve, dans l’AT un courant messianique sacerdotal. Dans le NT, les
chrétiens se sont servi de la figure sacerdotale pour exprimer leur expérience et leur foi en
7 Jésus de Nazareth, I, 92.
8 Nous nous inspirons pour ce qui suit de B. FORTE, op. cit., pp. 78-81 et d’A. AMATO, op. cit., pp. 70-78.
9 Cf. BENOÎT XVI, Jésus de Nazareth II ; GNILKA, J., Jésus de Nazaret, pp. 334-336.
10 AMATO, A., Jésus el Senor, pp. 78-83 ; FORTE, B., Gesu di Nazaret, storia de Dio, Dio della storia, pp. 81-83.