que le gouvernement lance rapidement un chantier de révision et de modernisation du
droit du travail et des politiques sociales pour s’assurer que ces derniers tiennent compte
de l’évolution technologique rapide de l’IA (RP-3). Il sera aussi essentiel que les travailleurs
aient voix au chapitre lors de la transformation numérique de leur organisation. La création
d’espaces de dialogue réunissant le patronat, les syndicats, la main-d’œuvre, les
établissements de formation et d’autres acteurs clés sera donc nécessaire pour assurer
l’acceptabilité sociale de l’IA au Québec. Le gouvernement devrait donner à la Commission
des partenaires du marché du travail le mandat de créer un lieu de concertation
démocratique et multipartite dédié, entre autres, à : l’évaluation des impacts positifs et
négatifs de l’IA sur le travail et l’emploi; l’élaboration de stratégies pour en maximiser les
avantages et en minimiser les inconvénients pour les travailleurs; la création et la diffusion
d’outils de soutien à l’utilisation responsable de l’IA dans les organisations et les milieux de
travail.
Sur le plan de la démocratie, la pénétration de l’IA dans la société pourrait entraîner la
détérioration accélérée d’une situation déjà difficile. Par exemple, l’arrivée de l’IA générative,
qui permet de produire facilement du texte, des images ainsi que des clips audio ou vidéo,
pourrait aggraver le phénomène de la désinformation et de la mésinformation politique. Elle
ouvre la porte à la circulation d’un haut volume de contenus synthétiques et d’hypertrucages,
notamment sur les médias sociaux, où l’information se propage à une vitesse rapide et peut
influer sur le résultat d’un scrutin. Le Conseil encourage donc le gouvernement du Québec à
renforcer la capacité d’Élections Québec pour : étudier les impacts de l’IA sur l’intégrité du
processus électoral québécois et sur la participation des citoyens aux élections; protéger la
vitalité de la démocratie québécoise contre les effets néfastes de certains usages de l’IA;
explorer comment l’IA pourrait éventuellement servir à bonifier et soutenir la délibération
démocratique. Il encourage aussi l’État à mettre sur pied un comité interdisciplinaire pour
appuyer Élections Québec dans ses travaux.
Il est par ailleurs indubitable que le secteur des arts et de la culture sera l’un de ceux qui
seront le plus touchés par l’IA. Par exemple, des outils comme ChatGPT, Midjourney ou
resemble.ai sont maintenant en mesure de créer, instantanément et à très faible coût, des
textes, des illustrations ou des musiques d’une qualité qu’il était autrefois impossible
d'atteindre sans expertise humaine. L’apparition de ces outils puissants explique que, dans
des segments comme celui du jeu vidéo, les entreprises ont commencé à se tourner vers l’IA
pour soutenir le travail des créateurs et même, parfois, pour les remplacer. Le Conseil
estime donc qu’en raison de sa fragilité relative et de son caractère unique, le secteur des
arts et de la culture du Québec et la protection des droits des personnes qui y œuvrent
devraient faire l’objet d’une attention particulière dans les travaux sur les impacts de l’IA sur
le travail. Le gouvernement du Québec devrait collaborer étroitement avec le gouvernement
fédéral pour accélérer la modernisation du droit d’auteur afin, entre autres, d’empêcher
l’incorporation et l’utilisation du travail, de l’image et de la voix des artistes, sans leur
consentement, dans les modèles d’IA générative.
L’IA aura aussi des effets sur la diffusion et la découvrabilité des contenus culturels. Ainsi,
de grandes plateformes numériques internationales, comme iTunes, Spotify, Netflix,
Audible, Prime et bien d’autres, recourent à l’IA pour suggérer des films, des émissions, des