très touristique, tout le monde peut participer même ceux qui sont à mobilité
réduite. L’année passée pour nos 30 ans, c’est une des premières choses qu’on
a faites, on a pris un des plus beaux spots du parc des Iles de la Visitation, le
barbecue, on était là. On participe depuis 4, 5 ans à toutes sortes
d’événements : le festival des boulettes, le ci, le ça. On est là, parce qu’on a une
capacité de mobiliser. Et si on était tous seuls il y a pas grand monde qui irait.
Mais comme on y va en groupe, et puis c’est CAMÉÉ, bien on est présents, les
gens en profitent de ce qui se passe dans leur communauté. Parce que c’est ça
aussi, c’est rassurant, c’est peut-être protecteur d’être fous entre nous, d’être
vulnérables entre nous, mais la vie c’est pas juste entre nous. La vie c’est aussi
tout ce qu’il y a dehors. Alors on essaie de sortir le plus possible. Et ça a des
avantages. [Moi : Faire une mixité?] Absolument. Regarde je suis allé à un
moment donné à un spectacle de la maison de jeunes à côté. Je trouvais que
c’était bon. Je me disais : coudonc, on est 15 pingouins dans une salle de 240
personnes, tous ceux qui sont là sont, entre guillemets, payés pour être là. Tu
sais. Où sont les parents, où sont les gens, comment ça se fait que le public est
pas là? Il y a du talent, il y a des surprises, ils sont bons, c’est le fun, j’en
revenais pas. Où sont le monde? Sur une salle de 240 places, il y avait 2 ou 3
billets vendus, ça a pas de bon sens. Après on est allés quelques uns. Après ça
faisait 2 ou 3 ans qu’on y allait, les jeunes nous invitaient. On recevait une
invitation écrite des jeunes, faut quand même le faire. Ils nous réservaient des
places, deux trois rangées, avec un papier, ils mettaient : CAMÉÉ, CAMÉÉ,
CAMÉÉ. C’est la meilleur pub qu’on pouvait avoir. C’est les jeunes qui nous
invitaient. Et je te ferais remarquer que normalement ces jeunes-là font peur à
notre gang, et puis notre gang fait peur à ces jeunes-là. Et là, ils nous invitaient.
C’était super!
Richard : On commence pas avec le hockey cosum ou le badminton, commence à
prendre une marche, 15m au début, et après une demi-heure, et après 45m.
Une bonne idée aussi c’est un animal, ça fait comme la zoothérapie, ça garde
compagnie, tu arrives pas dans une maison vide. Quand tu arrives à la maison
tu peux promener ton chat ou ton chien. Ça te fait sortir de la maison, voir
d’autres personnes, ça te rend sociable. Je dis que le rétablissement c’est
plusieurs facteurs. C’est différent pour chaque personne. La personne reprend
contrôle sur sa vie. . . . L’Échelon offrait tellement de cours : estime de toi, ou la
chorale, ou cinéma-maison, café-rencontre. C’est plein d’activités. Il y avait
toujours quelque chose qui pouvait toucher une corde que tu aimes. Là tu
rencontres d’autres gens qui sont semblables—tu te sens pas jugé, tu te sens
accepté. Là tu te sens normal, tu te sens pas comme quelqu’un de l’extérieur.
Déjà ce sentiment-là ça fait beaucoup. Quand tu te sens accepté et tu es pas
rejeté par les autres. Souvent dans la société quand tu dis que tu as un
problème de santé mentale, les gens ont peur, la majorité des gens tu dis que tu
as un problème de schizophrénie, les gens disent : il est imprédictible, il peut
être violent n’importe quand. Les gens ont peur de nous. Et quand on va à
l’Échelon ou à différents organismes comme ça on se sent acceptés, on sent
pas qu’ils ont une peur. On est tous pareils, tu sais. À force de prendre des
cours on évolue, on grandit, et éventuellement—on devient pair aidant ou…
juste faire de l’entraide. Je crois beaucoup à l’entraide, je trouve que c’est riche.
C’est pour ça que j’en fais encore du bénévolat. Je trouve que c’est important, je
veux redonner. Il y a beaucoup de gens qui m’ont aidé et c’est ma façon de
redonner.