
Contexte et perspectives géopolitiques, économiques et réglementaires
Contexte macroéconomique
Dans le monde
L'inflation mondiale a poursuivi son reflux au cours du premier
semestre 2024. Cette tendance a concerné principalement
l’alimentation et les produits manufacturés, reflétant l’atténuation des
effets des chocs énergétiques précédents et la normalisation des
chaînes d’approvisionnement. En revanche, l’inflation s’est révélée
relativement tenace dans les services, en raison de la croissance
persistante des coûts salariaux provoquée par le dynamisme des
salaires et de faibles gains de productivité.
Dans ce contexte, la croissance mondiale est restée relativement
soutenue. Elle a été tirée principalement par la consommation, elle-
même dopée par la hausse des salaires réels, la dynamique des
salaires étant demeurée, malgré un ralentissement, supérieure à
l’inflation, ce qui a compensé une légère augmentation du chômage.
Les progrès sur le front de l’inflation ont permis à plusieurs banques
centrales en Europe d’entamer leur cycle de baisse de taux au
premier semestre, notamment la Banque nationale suisse en mars, la
banque centrale suédoise (Riksbank) en mai et la Banque centrale
européenne (BCE) en juin.
Aux États-Unis en revanche, la Réserve fédérale (« Fed ») n’a pas
encore commencé à assouplir sa politique monétaire, maintenant le
taux cible des fonds fédéraux inchangé au premier semestre 2024.
Cette prudence peut s’expliquer par une succession de surprises à la
hausse sur l’inflation au premier trimestre, dues principalement à la
persistance de l’inflation des services. Si l’on exclut l’alimentation et
l’énergie, l’inflation est ressortie à 3,8% sur un an en mars, soit une
variation marginale par rapport à décembre 2023 (3,9%).
La croissance économique américaine montre des signes de
ralentissement depuis le début de l’année, même si la dynamique
sous-jacente reste relativement solide. Les dépenses de
consommation ont été moins soutenues, dans le sillage de la détente
du marché de l’emploi. Toutefois, les conditions du marché de
l’emploi sont restées raisonnablement robustes : le taux de chômage
a légèrement augmenté pour atteindre 4,1% (contre 3,7% fin 2023),
un chiffre encore très faible comparé aux données historiques.
Au Japon, la Banque du Japon a relevé son taux directeur en mars
pour la première fois en 17 ans, abandonnant la politique de taux
d’intérêt négatif mise en place en 2016. Ce changement de cap se
justifiait par des signes encourageants du côté des salaires, qui ont
conforté la Banque du Japon dans sa capacité à atteindre sa cible
d’inflation de 2% à moyen terme, et par la volonté d’éviter un retour
de la déflation. Cependant, depuis cette décision, la Banque du Japon
est restée prudente et s’est abstenue de prendre d’autres mesures
importantes de resserrement de sa politique monétaire.
En Chine continentale, la croissance avait commencé l’année à un
rythme soutenu, le PIB progressant de 5,3% sur un an au premier
trimestre, en bonne voie pour atteindre l’objectif «d’environ 5%»
fixé par le gouvernement pour cette année. Néanmoins, la croissance
du PIB a ralenti à 4,7% sur un an au deuxième trimestre, dans le
sillage de la baisse des dépenses de consommation. Plus
généralement, le secteur immobilier est resté un frein majeur à
l’activité économique, les ventes du segment résidentiel et
l’investissement immobilier enregistrant, en juin, une baisse de
26,9% et 10,1% respectivement sur un an.
Dans la zone euro
L’économie de la zone euro a renoué avec la croissance au premier
trimestre 2024, avec une progression trimestrielle du PIB de 0,3%,
marquant la fin d’une longue période de stagnation, puisque le taux
de croissance du PIB s’était inscrit à seulement 0,1% entre le
troisième trimestre 2022 et le quatrième trimestre 2023.
L’amélioration constatée à l’entame de 2024 est attribuable
principalement aux exportations nettes.
Les dépenses de consommation sont restées faibles malgré la
hausse des salaires réels. L’inflation a continué de ralentir
régulièrement depuis le début de l’année, passant de 2,9% fin 2023
à 2,5% en juin 2024. Sur la même période, l’inflation hors
alimentation, alcool, tabac et énergie a baissé de 3,4% à 2,9%. La
hausse des salaires est restée élevée, reflétant la forte dépendance
des revendications salariales à l’inflation passée. Toutefois, cette
amélioration du pouvoir d’achat des ménages ne s’est pas traduite
jusqu’à présent par une forte progression de la consommation des
ménages, les taux d’épargne restant élevés.
Les indicateurs avancés, notamment les indices des directeurs
d’achat (PMI), ont annoncé de la croissance au deuxième trimestre,
soutenue par la forte activité du secteur des services. L’activité du
secteur manufacturier est restée plus faible, tout en donnant des
signes d’amélioration au cours des derniers mois.
Au niveau des pays, la dynamique de croissance a été
particulièrement soutenue en Espagne, mais plus modérée en France
et en Italie. L’économie allemande, après une contraction marquée en
2023, s’est reprise à l’entame de 2024, enregistrant une croissance
de 0,2% au premier trimestre.
Mais cette dynamique s’explique en partie par un fort rebond de
l’activité de la construction. Plus généralement, les indicateurs
avancés de l’activité industrielle sont restés décevants jusqu’à
présent, malgré des signes d’augmentation de la demande extérieure.
Concernant la politique monétaire, la BCE a procédé à une baisse de
ses taux directeurs de 25 points de base en juin (le taux de dépôt
passant à 3,75%), la première depuis septembre 2019. Cette
décision était justifiée par des signes de progrès sur le front de
l’inflation et par le fait que les conditions monétaires étaient
considérées comme restrictives. Néanmoins, la BCE a gardé un ton
prudent sur la probabilité de baisses de taux supplémentaires à
l’avenir, indiquant que sa politique d’assouplissement s’appuierait
entièrement sur les données économiques. Plusieurs des membres
du Conseil des gouverneurs de la BCE ont notamment exprimé leur
inquiétude quant à la persistance de l’inflation des services.
La politique budgétaire pourrait être une source de préoccupation
pour la BCE. La Commission européenne («CE») a proposé le 19 juin
de lancer une procédure de déficit excessif (PDE) à l’encontre de sept
pays, dont la France et l’Italie. Les pays concernés peuvent être
soumis à des sanctions financières s’ils ne respectent pas le
programme d’ajustement recommandé par la CE. En outre, les
élections législatives surprises en France les 30 juin et 7 juillet, qui ont
résulté en une Assemblée nationale sans majorité absolue, ont créé
une nouvelle source de complications pour la Commission, compte
tenu des risques accrus de dérapage budgétaire pour le pays.
Perspectives macroéconomiques
L’inflation et la réponse des banques centrales
L’inflation mondiale devrait continuer de ralentir, mais
progressivement, jusqu’à la fin de l’année. Déformais, le
ralentissement de l’inflation dépendra davantage du secteur des
services, exigeant une croissance plus modérée des coûts salariaux.
Dans ce contexte, les économistes de HSBC anticipent que la BCE
procédera à des baisses de taux de 25 points de base une réunion sur
deux jusqu’à ramener le taux de dépôt à 2,5% en septembre 2025. Il
y aurait donc deux baisses de taux supplémentaires cette année, en
septembre et décembre. Néanmoins, l’inflation obstinément élevée
des services suggère un risque d’assouplissement plus lent.
Aux États-Unis, les chiffres de l’inflation sont plus encourageants
depuis mars, l’inflation sous-jacente (hors alimentation et énergie)
tombant de 3,8% en mars à 3,3% en juin. Cela pourrait justifier une
première baisse de taux de 25 points de base en septembre.
Les économistes de HSBC n’anticipent pas d’autres baisses de taux
de la Fed cette année. En revanche, ils prévoient un total de 75 points
de base de réduction des taux en 2025, soit 25 points de base par
trimestre jusqu’en septembre 2025.
D’autres grandes banques centrales devraient également
progressivement abaisser leurs taux directeurs dans les prochains
mois. Ainsi, les économistes de HSBC prévoient que la Banque
d’Angleterre procèdera à une première baisse de 25 points de base
de son taux directeur («Bank rate») en novembre et poursuivra avec
Présentation des activités et stratégie
8 HSBC Continental Europe Rapport Financier Semestriel 2024